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Encore un commentaire sur l'affaire DSK qui n'en manque pourtant pas....Il est assez curieux de constater que les journalistes qui n'avaient rien dit depuis des années sur la vie privée de DSK s'en donnent à coeur joie maintenant et se battent la coulpe à qui mieux mieux pour affirmer qu'on ne les y reprendra plus (à se taire) et qu'ils diront désormais tout sur la vie privée des politiques. Et de regretter en coeur- ou presque- que nous n'ayons pas été comme ces anglo-saxons, démocrates et transparents , qui livrent tout sur tout.
Ah la belle victoire de la presse de caniveau ! Et les beaux jours journalistiques que l'on nous prépare! Non, il est bien préférable d'avoir été discrets, de ne pas avoir étalé ce qui se disait sur DSK, sur Mazarine etc... car cela n'apportait pas grand chose à l'information, à la vraie. Conservons donc notre tradition, ce qui est privé est privé, sans obéir aux injonctions anglo-saxonnes dont la presse n'est pas toujours un modèle, de loin s'en faut.Surprenante aussi cette explosion soudaine de moralisme convenu: "Ah mais vous ne dites rien de la victime !" "Et les pauvres, vous vous en moquez donc", "Les femmes de ménage, vous les méprisez" !
Mais, comme le rappelle justement Maître Eolas, car les mots ont un sens, il n'y a pour l'heure ni "victime", ni même "victime présumée", ni "coupable", ni "coupable présumé" mais seulement, seulement si l'on peut dire, une plaignante...et un accusé. Et on ne doit exclure aucune hypothèse, y compris non pas celle de la " théorie du complot", appellation absurde, mais celle du piège et de la machination, entre autres possibilités.
La propension de la presse à écrire des kilomètres sans aucun fait nouveau, ni aucune information vérifiée, est inquiétante: rumeurs, ragots, fuites remplissentl l'espace médiatique qui ne supporte plus aucun silence. L'image d'un DSK pas rasé et hagard suffit à apitoyer les foules tandis que, le lendemain, la vue détaillée de son nouvel appartement, de 600M2 paraît-il, le range dans le camp des "puissants qui s'en sortent roujours" et qui ne sauraient donc attirer la moindre compassion... On tricote et détricote l'opinion au gré des besoins, des fantaisies ou des calculs. On ne se soucie pas plus de la vérité que de sa dernière chemise.
Qui pourrait nous empêcher, devant une telle frénésie de commentaires infondés, de penser à Fontenelle (1657-1757) et à sa dent d'or: les savants de l'époque dissertent à l'infini sur une dent d'or venue en une nuit à un enfant de Silésie, sans même s'assurer qu'elle est en or. C'est à qui se mettra le mieux en avant avec l'explication la plus insensée. Enfin vint un humble orfèvre, nous dit Fontenelle, qui examina la dent pour conclure qu'elle n'était pas en or...
Cet orfèvre, homme du silence, de l'observation, de l'exactitude, de la vérité, nous en avons bien besoin... Et nous ne pourrons parler qu'après. Qu'après.
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Un Homme de passage de Serge Doubrovsky
Superbe livre que le dernier ouvrage de Serge / Julien Doubrovsky, Un Homme de passage. L' auteur revient sur sa vie, en reprenant pour partie ce qu'il a déjà évoqué dans certains de ses précédents livres comme Un Amour de soi, Laissé pour conte ou Le Livre brisé, mais cette fois en mettant l'ensemble de ces fragments biographiques dans une perspective générale qui permet de mesurer moins une éventuelle unité de l'existence que sa dislocation et son imprévisibilité. La vie, du moins celle de Serge Doubrovsky, mais toute vie aussi, est une sorte de chaos fait d'événéments gouvernés par nulle cohérence et nulle nécessité. C'est bien l'image qu'il en donne dans ce dernier livre. Serge Doubrobsky raconte ce fait fondateur, le policier qui vient avertir son père qu'il repassera l' arrêter dans une heure, lui et ses proches - nous sommes quelque part au Vésinet pendant la seconde guerre- et la fuite rapide de la famille va lui permettre d'échapper vraisemblablement à un destin tragique. Doubrovsky a alors une quinzaine d'années. Puis les autres risques surmontées: maladie, accident etc. Bref une vie qui apparaît comme un long sursis, désespérant et magnifique. Les amours tragiques aussi, mais nous les connaissions déjà, pour la plupart, par les livres précédents même si l'écrivain échappe généralement à la redite. Il y a également de très belles pages sur l'appartement de New York que l'auteur doit quitter après 30 années d'enseignement aux Etats-Unis pour rentrer à Paris, rue Vital et la mise en malles (mal?) de ces 30 années de souvenirs, photos, lettres, papiers divers qu'il faudra décider de conserver ou de jeter à la poubelle et occasion pour l'auteur de faire surgir non pas le passé intact et complet de la madeleine proustienne mais un passé fragmenté, brisé en mille morceaux. Donc point d'unité ni de ligne directrice dans ce grand désordre qu'est l'existence, livrée ici dans tous ses aspects même les plus crus.
Il faudrait aussi parler de la phrase qui s'étend parfois, sans ponctuation, longue d'une page ou deux, avec des blancs quand la conscience charrie un magma incontrôlable d'affectivité: nous ne sommes pas là non plus chez Proust où la syntaxe est toujours ferme; chez Doubrovsky, même la syntaxe cède sous le trop plein des émotions. Parler aussi de sa construction qui n'est pas linéaire mais éclatée et condensant le temps ou le dilatant selon la profondeur, l'intensité ou l'importance des moments vécus: en cela, ce roman/récit est bien une exploration de l'intériorité qui évoque cette fois, à certains égards, le projet proustien.
Un Homme de passage, Serge Doubrovsky, Grasset.
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Parmi les multiples avantages de l'Europe qu'on nous avait vendus, il y avait la garantie d'une certaine protection. "L'Union fait la force", c'est bien connu !
Mais voici que l'on apprend que l'Allemagne ne donnera pas un sou et que certains députés d'Outre-Rhin suggèrent, avec une délicatesse confondante, que la Grèce vende quelques unes de ses îles pour commencer à se renflouer. L'Allemagne achetera peut-être et, paraphrasant la formule de Clausewitz, on pourrait dire alors que l'économie est devenue la poursuite de la guerre par d'autres moyens...
La France pourra, quant à elle, le jour venu, vendre par exemple le Mont Saint-Michel, ses nombreuses îles du Golfe du Morbihan (365 raconte la légende) et, s'il le faut, la Tour Eiffel ou même sa fameuse Côte d'Azur. Ouf, nous serons sauvés !!!
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Deux affaires récentes permettent de se poser la question: faut-il exhumer le passé judiciaire des hommes politiques ?
Il est évident trop facile de s'en prendre à un adversaire pour faire fuiter des informations susceptibles de le discréditer. Surtout quand les informations en question sont fausses comme c'est, en partie, le cas pour Ali Soumaré, semble-t-il. A ce compte, le terrain politique deviendrait une arène de gladiateurs soumise aux lions et j'ai peur que les gladiateurs soient, en l'espèce, les citoyens démunis devant des accusations incontrôlables et les lions les accusateurs tous azimuths.
Mais, d'un autre côté, peut-il y avoir vote libre et éclairé du citoyen sans totale information? N'est-il pas souhaitable de savoir avant de porter crédit à telle ou telle politique ou de voter pour tel ou tel candidat, parfois ex-ministre, comme c'est la cas ici, de connaître ses actes passés, les bons comme les mauvais ? A condition bien sûr que cette information soit parfaitement exacte.
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Luc Ferry notait à juste titre, sur LCP, l'autre jour, que cette affaire Frêche était révélatrice de l'opposition entre politiques régionales et politiques nationales telles qu'elles sont perçues par les électeurs: les secondes donnent l'impression d'être inefficaces car la mise en oeuvre des décisions prises est toujours très lente et demande des années pour être visible -quand elle l'est. A l'inverse, les politiques régionales sont plus souples, plus réactives et leurs résultats sont plus rapidement visibles pour l'électeur. D'où un antagonisme croissant entre Paris et les provinces. D'où aussi, peut-être, cette hostilité, en Languedoc Roussillon, face aux mesures anti-Frêche prises par Solferino.
Mais je vois un autre aspect dans cette affaire: les media et les politiques n'ont cessé de répéter que "Frêche était l'homme qui avait traité les harkis de sous-hommes". Si l'on regarde l'enregistrement de cette journée au cours de laquelle Frêche aurait prononcé ces paroles dévastratrices, on s'aperçoit que les choses semblent bien différentes: il a traité deux harkis ayant rallié un parti adverse de "sous-hommes" parce qu'il ont été, à ses yeux, traîtres à la cause des harkis. Ce n'est pas la même chose ! C'est même à peu près le contraire. Mais qu'importe: erreur mille fois répétée vaut mieux que vérité.
Je ne sais non plus si le propos de Frêche concernant Fabius avait véritablement un arrière-plan antisémite; si c'est le cas, le propos est évidemment condamnable. Mais dire de quelqu'un "qu'il n'est pas très catholique" a un sens autre en français que tout le monde comprend, et nullement répréhensible. Là encore, il faut se référer au contexte: Frêche n'a jamais eu des positions antisémites, la remarque intervenait après un propos peu amène de Laurent Fabius qui ne voterait jamais pour Frêche, disait-il, s'il était habitant de la région. Frêche a-t-il voulu jouer sur le dit et le non-dit? Possible; pas certain.
Mais le goût de la polémique qui sert les uns et les autres (mais dessert la démocratie, donc nous tous) l'emporte sur toute autre considération. Hélas !
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